La troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), en résumé…..
L’analyse Negawatt de la PPE3.
Autres sources d’information sur la PPE3.
La troisième Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE3), en résumé…
https://www.legifrance.gouv.fr/download/pdf?id=UVMOuKNMrpZzIWK8_yvF4c1EHFQ2DgW
La PPE3 fixe les grandes orientations énergétiques françaises pour 2026-2035, visant la neutralité carbone en 2050, avec des ajustements sur la consommation, l’électrification, la régionalisation, la gestion climatique, les coûts, l’optimisation, la chaleur, l’autoconsommation et la flexibilité.
Consommation et électrification
- La PPE prévoit une baisse de consommation plus lente que les objectifs européens, avec une cible de 1 440 TWh en 2030 contre 1 243 TWh fixés par l’UE, en raison d’une électrification accrue pour sortir des fossiles. La réduction des consommations devra être accélérée, avec des leviers complémentaires à identifier.
- L’électrification concerne bâtiments, industrie, transports, avec un plan d’organisation sectorielle et un tableau de bord pour suivre la progression. La synchronisation entre production et consommation d’énergies renouvelables (ENR) sera ajustée selon le rythme d’électrification.
Revoyure, régionalisation et vulnérabilités
- Une clause de revoyure dès 2027 permettra d’ajuster les objectifs en fonction des réalisations, ce qui peut fragiliser la visibilité des investissements.
- Les objectifs seront déclinés régionalement via les zones d’accélération des ENR (ZAER), avec un rôle accru des comités régionaux de l’énergie pour assurer la cohérence territoriale.
Climat, coûts et optimisation
- RTE actualisera les études d’exposition au changement climatique, en intégrant scénarios climatiques et disponibilité en eau, pour analyser la vulnérabilité des filières (nucléaire, hydro, éolien, solaire).
- Les coûts complets du système électrique seront évalués pour assurer un équilibre économique à long terme, en intégrant coûts de production, réseaux et flexibilité, afin d’orienter les investissements et soutenir la transition.
Déploiement des énergies renouvelables et chaleur
- La PPE privilégie le repowering éolien, le développement de petites et grandes installations photovoltaïques, et l’optimisation des dispositifs de soutien, notamment par appels d’offres mixtes.
- La production de chaleur sera soutenue via le Fonds chaleur, avec un accent sur la biomasse, la géothermie, le solaire thermique, et la relance des réseaux de chaleur. La fin du chauffage au gaz et fioul dans le résidentiel sera accompagnée.
Autoconsommation et flexibilité
- Bien qu’aucun objectif précis ne soit fixé, l’autoconsommation sera encouragée par des dispositifs de soutien et des aménagements réglementaires, notamment pour les collectivités.
- La gestion de la flexibilité sera renforcée par des investissements dans les capacités de pointe, des marchés adaptés, et des mesures pour augmenter l’effacement à la pointe, avec un objectif provisoire de 6,5 GW d’effacement en 2030.



L’analyse Negawatt de la PPE3
(résumé)
Synthèse générale La PPE3, attendue depuis deux ans et demi, s’avère peu cohérente avec une stratégie à long terme, notamment en accordant une forte priorité au nucléaire. Elle reflète un compromis politique qui freine la transition, en conservant l’héritage nucléaire tout en promettant des objectifs ambitieux mais peu opérationnels pour la réduction de la demande et le développement des renouvelables.
Transition énergétique et maîtrise de la demande Les objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale (18 % d’ici 2030, 27 % d’ici 2035) sont ambitieux mais peu crédibles car non soutenus par des mesures concrètes nouvelles
Développement des renouvelables La PPE limite le déploiement du photovoltaïque et freine l’éolien terrestre, malgré leur importance dans le contexte mondial. Elle omet aussi de fixer des objectifs pour le stockage d’électricité, notamment les batteries, éléments clés de la gestion des énergies renouvelables variables.
Nucléaire Le nucléaire reste le seul levier considéré comme à la fois ambitieux et opérationnel. La PPE prévoit une augmentation de la production nucléaire d’ici 2030, malgré l’incertitude sur la prolongation des réacteurs au-delà de 50 ans, et la construction de nouveaux réacteurs EPR2, dont le coût et la rentabilité sont contestés. La prolongation du parc nucléaire vieillissant est présentée comme une priorité, mais elle est contestée par l’Autorité de Sûreté nucléaire et la Cour des Comptes, qui soulignent les risques et investissements nécessaires.
Conclusion La stratégie française oscille entre une volonté de préserver le nucléaire et une nécessité de développer les renouvelables et la sobriété. La PPE, en privilégiant le nucléaire, limite la croissance des renouvelables et maintient une équation énergétique insoutenable, sans véritablement exploiter le potentiel des énergies renouvelables ou des solutions de stockage pour une transition cohérente et durable.
Autres sources d’information sur la PPE3
https://reseauactionclimat.org/ppe3-rompre-avec-la-tendance-pour-briser-la-dependance
https://cler.org/wp-content/uploads/2026/02/cp-ppe-alliance-pour-lenergie-locale.pdf
https://www.connaissancedesenergies.org/ppe-3-ce-que-contient-la-feuille-de-route-tant-attendue
