GOUVERNANCE
- SNBC 3 : le Gouvernement lance la dernière consultation avant publication du décret jusqu’au 5 juillet. Le texte affine les hypothèses de décarbonation sans modifier les objectifs stratégiques, et intègre désormais une évaluation des bénéfices économiques pour les ménages.
- Ademe : le gouvernement remise sa réforme qui avait suscité « l’incompréhension. L’article 7 du projet de loi sur l’Etat local, retiré de l’ordre du jour du Sénat, établissait la mise à disposition d’office du personnel appartenant aux délégations régionales de l’Ademe au sein des directions régionales de l’environnement. L’Ademe avait reçu de nombreux soutiens ces derniers mois.
- Chercheur spécialiste des migrations environnementales, co-auteur du 6e rapport du Giec, François Gemenne vient de publier Parler du climat sans plomber l’atmosphère (Odile Jacob, 2026). Selon lui, les scientifiques ne peuvent plus se contenter de donner l’alerte : ils doivent guider le public vers l’agir, au-delà des clivages politiques. Vers une écologie pour tous, et qui n’est pas perçue comme punitive !
- Toujours avec rigueur mais désormais avec des partenaires (dont RTE), l’Ademe retravaille ses scénarios prospectifs Transition(s) 2050. Elle livrera les futurs possibles pour une France neutre en carbone d’ici novembre 2026.
- Dominique Méda : la rhétorique et l’argumentation mobilisées pour promouvoir la reconversion écologique de nos sociétés doivent sans doute cesser de mettre l’accent sur les interdictions, les contraintes, les « moins », et développer un discours positif mettant en évidence l’ensemble des bénéfices que la collectivité mais aussi chacun d’entre nous tireront de cette transformation. Nous devons réussir à rendre la transition écologique désirable.
- « Dans un monde à 50 °C, nous n’avons pas de droits ni de libertés effectives ». Le philosophe Baptiste Morizot et le juriste Laurent Neyret présentent le Principe habitabilité, un principe destiné à préserver le vivant et dont ils veulent faire une valeur protégée, qui irriguerait toutes les branches du droit.
- Baromètre Greenflex-Ademe 2026 : les Français se remobilisent et réclament une consommation plus sobre
CLIMAT
- Canicule : l’Ademe publie un nouvel avis « pour rafraîchir durablement nos villes » . Elle y alerte sur le besoin de « faire évoluer durablement les stratégies d’adaptation pour préserver nos cadres de vie ».
- Canicule : l’équipe Climat meter estime que le changement climatique a ajouté jusqu’à 4 °C aux températures de cette canicule en Europe. Réduire rapidement les émissions de gaz à effet de serre peut encore limiter ces extrêmes climatiques
- Le rythme du réchauffement planétaire s’emballe, selon les analyses d’un consortium scientifique international et il devrait dépasser +1,5 °C d’ici 2030. Les émissions mondiales de GES culminent à 56,8 Gt CO2 en 2024, un niveau record.Le niveau de la mer a gagné 23 cm depuis 1901, à un rythme de 3,7 mm par an.
- Changement climatique : vagues de chaleur, inondations, feux de forêts… Tous ces phénomènes aggravés par le changement climatique impactent notre santé. Dans son dernier rapport, Oxfam alerte sur la nécessité d’agir contre le changement climatique afin de la préserver.
- A -2,1%, La baisse des émissions de GES en 2025 reste en deçà des objectifs climatiques, l’année 2026 semble par contre prometteuse (baisse de 5,2% au 1er trimestre) d’après le CITEPA
ENERGIES RENOUVELABLES
- Refonte du cadre tarifaire S21 des installations photovoltaïques jusqu’à 500 kWc :tarif de rachat ramené à 1,1 c€/kWh, prime à l’investissement supprimée : le texte acte le basculement vers l’autoconsommation. Si les acteurs du résidentiel et du pilotage y voient la confirmation d’un marché mature, plusieurs voix alertent sur le sort du tertiaire et s’interrogent sur le nouveau cadre de l’autoconsommation collective.
- le Syndicat des énergies renouvelables (SER) a exprimé sa très forte inquiétude, face à cette révision des dispositifs de soutien et au manque de visibilité.
- ENR : Terra Nova souligne que les projets menés sans aucun recours cumulent deux conditions de réussite : une concertation menée très en amont et un meilleur partage de la valeur. Elle propose de généraliser les rabais sur facture pour les riverains de parcs
- Les projets photovoltaïques prennent insuffisamment en compte les enjeux de biodiversité : L’Observatoire des ENR et de la biodiversité a partagé ses résultats sur les mesures ERC mises en œuvre par les projets photovoltaïques au sol. Ces mesures sont insuffisantes et 22 % des centrales croisent des aires protégées.
- Agrivoltaïsme : devant la diversité des projets et des justifications dans les dossiers qui lui étaient soumis, et afin d’éviter les dérives, l’ADEME souhaité définir leur nature pour mieux valider leur pertinence, dans une étude publiée le 27 avril 2022. En ressortent des critères à prendre en compte pour l’acceptation ou non de ce type de projets et une définition plus précise de l’agrivoltaïsme.
- « On peut les maîtriser localement » : cette boîte d’Anjou assure le stockage et la redistribution de l’énergie solaire. Énergies de Loire a connu une croissance très rapide grâce au développement de centrales photovoltaïques, de taille moyenne. Face à l’enjeu de la « souveraineté énergétique », elle a choisi d’étoffer son offre.
- Panneaux solaires : la batterie devient-elle obligatoire pour rentabiliser l’investissement ? L’Etat a fortement réduit le tarif de rachat de l’électricité produite par les panneaux solaires. Dans ce contexte, les batteries de stockage permettent de raccourcir le temps de retour sur investissement et d’optimiser la consommation de l’énergie produite.
- Chaînons manquants et maillons faibles : pourquoi l’Europe des batteries se construit si lentement ? Remonter la chaîne de valeur des batteries, élément essentiel des voitures électriques, est un labeur de long terme. L’Europe s’y attelle. Quitte à demander de l’aide à son concurrent le plus puissant…
- Stockage diffus : Dans le cadre du développement des énergies renouvelables, l’utilisation du stockage pour équilibrer le réseau s’inscrit pour l’instant dans une vision très centralisée, autour de grands champs de batteries. Mais les choses pourraient rapidement changer. Les batteries BT (basse tension) passent avec succès les tests de qualification à la réserve secondaire.En France 450 000 points de soutirage C4 pourraient participer à l’équilibrage du réseau.La batterie BT peut doubler l’autoconsommation, réduire le Turpe et générer des revenus de flexibilité. Associer batterie et ENR ouvre la voie à des tarifs de l’électricité plus dynamiques, comme au Bénélux ou en Allemagne.
- Le parc de batteries de l’UE pourrait quadrupler d’ici 2030 selon Ember : « Les batteries et la flexibilité de la demande, issues du déploiement accéléré des véhicules électriques et des pompes à chaleur, sont prêtes à monter en puissance et offrent une alternative aux solutions de flexibilité fondées sur les énergies fossiles dans l’UE », assure le think tank Ember dans un nouveau rapport publié ce 24 juin.
- La France lance son méga appel d’offres d’éolien en mer pour changer d’échelle. D’une capacité totale de 10 GW, cet « AO10 » représente cinq fois la puissance déjà installée au large des côtes et l’équivalent de six réacteurs nucléaires EPR d’EDF (hors intermittence de la production liée au vent). Il comprend onze lots qui devront être attribués en février 2027
- Depuis fin avril, le parc éolien Yeu-Noirmoutier (Vendée) est terminé et les 61 éoliennes produisent de l’électricité. Un chantier titanesque qui a nécessité beaucoup de concertation en amont. Car, au départ, le projet était loin de faire l’unanimité.
- À Guingamp, Collaborative Energy veut s’imposer dans l’éolien de proximité. Cette entreprise prépare une nouvelle levée de fonds pour accélérer le déploiement de ses éoliennes verticales. Elle cible en priorité les collectivités et la filière agroalimentaire bretonne.
- Le gisement d’hydrogène exceptionnel se confirme, « l’Est de la France pourrait devenir un pôle stratégique » La Française de l’Energie livre les premiers résultats de ses sondages les plus profonds au monde. Ils confirmeraient des concentrations exceptionnelles d’hydrogène naturel dans le sous-sol en Moselle Est. FDE envisage une production vers fin 2028, début 2029
- En Vendée, Fougeré est la seconde commune de Vendée (après Bournezeau), à arborer la mention « Ville engagée gaz vert », délivrée par GRDF. Ça signifie qu’elle est 100 % autonome en gaz vert, via la production de 2 méthaniseurs
- La ruée vers les agrocarburants, un risque pour la sécurité alimentaire mondiale : l’ONG Transport & Environment calcule que la demande pour ces carburants produits à partir de ressources agricoles pourrait bondir de 30 % en 2026 et de 70 % d’ici à 2030. Pour atteindre 20 % de biocarburants dans le mix énergétique routier au niveau mondial – une cible que vise par exemple l’Indonésie –, T&E estime qu’il faudrait multiplier les volumes par cinq. Et ainsi mobiliser 130 millions d’hectares de terres agricoles supplémentaires, soit une superficie équivalente à celle de l’Afrique du Sud
USAGES
- Avion : Forum Vies Mobiles veut plafonner les vols des Français à deux allers-retours par an (ce qui ne concernerait que 10 % des Français) : ce dispositif éviterait plus de 5 millions de tonnes de gaz à effet de serre par an.
- « Organiser la compatibilité entre industrie et écologie »: l’institut Terram a publié une étude très pointue sur la transition industrielle et la stratégie à mettre en place dans la Région des Pays de la Loire.
- SAF : Technip Energies, Airbus, Safran et Tereos lancent une coentreprise à Dunkerque pour porter à l’échelle industrielle des carburants d’aviation durables (SAF en anglais)
- L’intelligence artificielle, entre risques et opportunités pour le système électrique : à court terme, le déploiement fulgurant de l’IA pourrait déséquilibrer les systèmes électriques. À plus long terme, les centres de données pourraient être source d’optimisation et d’innovation, à condition que les bons cadres soient posés.
- Numérisation et IA dans le système énergétique européen : Bruxelles présente son paquet « souveraineté technologique européenne », comprenant deux propositions législatives, la loi Chips Act 2.0 et la loi sur le développement du cloud et de l’IA, ainsi que la stratégie Open Source et une feuille de route stratégique pour la numérisation et l’IA (1) dans le secteur de l’énergie.
DECARBONATION
- La France « sacrifie » son puits de carbone forestier dans sa nouvelle stratégie climatique, dénonce l’ONG Canopée. Elle appelle à réviser à la baisse les objectifs de prélèvement de bois dans le projet de stratégie nationale bas carbone.
- Climat : le fiasco du mégaprojet de stockage du CO2 « Northern Lights » de TotalEnergies et 2 autres majors du pétrole (la norvégienne Equinor et l’anglo-néerlandaise Shell), qui gère le plus gros projet de captage et de stockage du carbone (CSC) en Europe, et le seul en activité aujourd’hui. Ce projet rencontre une multitude de problèmes technologiques et économiques.
- Le cimentier vendéen Hoffman Green enrichit sa gamme de ciments sans clinker avec un nouveau produit décarboné à base d’argile transformée à froid , ce qui pourrait rendre obsolète la production de ciment traditionnelle fortement émettrice de CO2 (…et principale justification du projet GOCO2)
- À Milan, les experts alertent sur le retard de l’élimination du CO2 : ils déplorent un manque de recherche et de financements dans cette filière jugée essentielle pour atténuer le réchauffement (mais qui pourrait jouer un rôle de cache-misère de la stratégie de décarbonation !).
- Publié le 28 mai 2026, le rapport sur l’objectif d‘injection de CO2 sous terre de l’Union européenne (UE) fait le point sur les avancées des projets d’injection géologique de CO2. D’après le rapport, l’objectif est atteignable mais le rythme doit être plus rapide.
- Exposition énergétique de la France – un intéressant graphique publié par le Shift project illustre le degré de dépendance extérieure du pays et les moyens de le réduire
